Séries

Mardi 10 novembre 2009

Plongée immédiate et sans filet dans la vie tumultueuse du roi Henry VIII, (1491-1547) connu pour être l’instaurateur de l’anglicanisme en Angleterre suite au schisme avec Rome, mais aussi celui qui inspira la légende de Barbe Bleue car il fut homme à femmes, légitimes ou pas, et en fit tuer plusieurs. Le malheur de sa vie fut qu’il voulut à tout prix un fils pour lui succéder, mais l’Histoire allait se charger de faire de lui le père d’une des plus grandes reines qui fut jamais : Elizabeth Iere.


Quand commence cette première saison, Henry est bel et bien marié depuis de longues années à Catherine d’Aragon, fille des très catholiques souverains d’Espagne. Bien sûr, ça ne l’empêche par d’aller fricoter à droite à gauche et d’engendrer quelques bâtards, éventuellement masculins mais dont aucun ne survivra. Le Royaume est sans cesse en conflit plus ou moins déclaré avec la France et l’Espagne, François Ier étant tantôt un allié, tantôt un ennemi, au même titre que Charles Quint d’ailleurs. Les alliances entre ces trois-là se font et se défont et les guerres se succèdent. Si Henry VIII tient effectivement en main son pays, l’homme de l’ombre de s’appelle Wolsey, le cardinal et chancelier Wolsey, détesté du plus grand nombre mais fin comme une belette.

C’est donc vers lui que Henry VIII va se tourner lorsque que le besoin de divorce va se faire impérieux. C’est que le roi ne veut plus de sa femme. La raison officielle est simple : en l’épousant, Henry a épousé la femme de son défunt frère Arthur, et selon la Bible, c’est un péché dont Dieu le punit en ne lui donnant pas de fils. La raison officieuse est sa dévorante passion pour la belle Anne Boleyn dont il veut faire sa femme légitime. Mais le problème est plus complexe, forcément. Car Henry a obtenu une dispense du pape pour épouser sa belle-sœur et il faudrait donc que le pape se dédise pour annuler le mariage. Et malgré les tractations de Wolsey pour réunir un conclave sous sa propre autorité (le pape étant prisonnier de l’empereur), l’annulation traine et Henry attend. Et Henry passe pour un gogo aux yeux du téléspectateur qui a bien compris que Anne Boleyn n’est rien d’autre qu’une prostituée, au même titre que sa sœur, utilisée par son père pour accéder aux plus hautes gratifications. Anne qui garde les cuisses serrées pour le roi les a écartées bien des fois avant lui…

A la fin de cette saison 1, Henry VIII n’a toujours pas divorcé. C’est dire si cette série n’est pas basée sur l’événementiel, mais bien sur l’intimité et la psychologie des personnages tous magnifiquement incarnés.


Au premier chef bien sûr, Jonathan Rhys Meyers crève l’écran. Incomparablement plus beau que l’original, il est loin du roi bouffi des portraits : il est jeune, dynamique, gai, nerveux, impulsif. Et surtout, il est amoureux, passionné, d’une délicatesse de jeune premier envers cette garce d’Anne. Elle, Nathalie Dormer est tout simplement sublime, magnifiquement belle, l’air hautain et mutin, quelque chose de supérieur dans son attitude mais aussi un sourire d’ange font d’elle le personnage ambigu par excellence qui manipule de sang-froid et cède pourtant peu à peu. Le couple est donc magnifique, jeune, convaincant et passionnel.

 

 


Rien à redire des autres acteurs : Sam Neill (le cardinal Wolsey) est formidable en maniganceur, c’est le Raminagrobis de la fable, le gars qu’on déteste et pourtant, la mise en scène de sa mort, sur une idée vraiment excellente, lui octroie au final une portion d’humanité vraiment émouvante. Jeremy Northam, droit dans ses bottes et dans sa religion fait un très bon Thomas More, dont le portrait n’est pas aussi uniforme qu’on aurait pu le penser. Il est bien sûr celui qui tiendra tête au roi, celui qui ira jusqu’au bout de ses idées, l'homme intègre par excellence, et pourtant, ce martyr de la foi est un bourreau qui fait brûler en conscience les Luthériens qu’il pourchasse. Soulignons aussi la dignité de la reine Catherine d’Aragon incarnée par Maria Doyle Kennedy qui est, face à Anne Boleyn, la retenue, l’obéissance mais aussi la détermination et l’honneur.

Ces très bons acteurs sont superbement mis en valeur dans des décors magnifiques qui soulignent le faste de la cour d’Henry VIII, et des costumes somptueux. Mais la peinture de la misère et de la mort est aussi très réaliste comme on le voit dans les terribles scènes de l’épidémie de suette qui fit des milliers de morts et contraignit le roi à se claquemurer.


C’est à mon avis une bonne chose que cette série soit américano-irlandaise et non anglaise. Elle ne tourne pas à l’exercice d’admiration, au cours d’histoire ou à la réhabilitation. Au contraire, elle confère à l’Histoire un point de vue extérieur et dépassionné. Quoiqu'il y soit beaucoup question de passion, de sexe et d'ambition... A mon humble avis, les Anglais auraient traité cette période de façon beaucoup plus factuelle, en tout cas, il n'aurait pas fallu plus d'une saison pour qu'Henry VIII divorce ! De plus, ce souverain n'est guère apprécié des Anglais, qui voient parfois en lui une brute, voire rien moins qu'un tyran. Ici, c'est le jeune roi impétueux et amoureux que l'on voit et vraiment, je ne vois pas comment on pourrait ne pas l'aimer !


Comme l'explique Suzannah Lipscomb, historienne, chaque pays, chaque période, voire chaque réalisateur a sa propre image d'Henry VIII, la plus traditionnelle restant celle de Barbe Bleue. Pourtant, le jeune Henry de cette série correspond bien au portrait qu'en fait Bernard Cottret dans son Histoire de l'Angleterre : "Henry VIII frappa d'abord par sa familiarité. Voire par son caractère débonnaire et bon enfant. [...] Henry VIII fut enjoué, complice et dispendieux [...] homme complet selon l'idéal renaissant, à la fois cultivé ou du moins affectant de l'être, et sensible aux questions théologiques et aux intérêts supérieurs de la chrétienté. [Il] aimait la liesse, les joutes viriles, les banquets et les tournois. Et bien entendu la chasse, sous toutes ses formes, sous tous ses aspects."

En tout cas pour moi désormais, Henry VIII c'est Jonathan Rhys Meyers !


Le trailer ci-dessous est le générique, pas trouvé mieux

 

 

 

The Tudors - Saison 1 : 3 DVD, 10 épisodes - Merci à Isil pour le prêt !

Par Yspaddaden
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Jeudi 15 octobre 2009
Ma plongée dans Six Feet Under a laissé des traces. Après Peter Krause et The Lost Room, c'est Michael C. Hall que j'ai eu envie de découvrir un peu plus tant il est éblouissant dans SFU. Me voilà donc regardant Dexter, grâce à Yueyin.

Dexter Morgan est flic à Miami, expert en sang. Parce que Dexter a deux passions : le sang et la justice, il est flic le jour et justicier la nuit. En effet, il traque les meurtriers qui n'ont pas été punis et fait lui-même le sale boulot, pour son plus grand plaisir. Suréquipé, il saigne ses victimes, les découpe et classe leur cas dans ses archives. Ni vu ni connu, Dexter travaille très proprement.
Mais la police de Miami va devoir enquêter sur un cas qui s'avère rapidement très étrange : un homme, the Ice Truck Killer, découpe des femmes en morceaux qu'il expose en des lieux publics. Bientôt, Dexter comprend que c'est à lui que s'adresse le meurtrier en lui laissant des indices dans son propre appartement et à travers ses mises en scène macabres sur des lieux que Dexter a connus dans son enfance. Une enfance bien particulière d'ailleurs, puisque Dexter est un enfant adopté par un flic de Miami qui a compris dès son adolescence la fascination de Dexter pour le sang. Il lui a appris à la canaliser, lui a inculqué un code "moral". En l'adoptant, il lui a aussi donné une soeur, Debra, elle aussi flic dans la même brigade. Gaie, extravertie, un peu fofolle, Debra est tout l'inverse de Dexter qui n'extériorise jamais ses sentiments. D'ailleurs, c'est bien son problème : Dexter n'a pas de sentiments, il n'éprouve rien, ni pour sa soeur, ni pour sa petit amie Rita, qu'il a choisie parce que, femme battue par son mari désormais emprisonné, elle n'éprouve qu'aversion pour le sexe.

The Ice Truck Killer est le fil rouge de cette première saison, l'enquête qui court tout au long de ces treize épisodes, mais chacun développe parallèlement une enquête particulière. Peu à peu, Dexter comprend que le tueur en sait beaucoup sur lui, son passé, son enfance, beaucoup plus que lui-même. Mais il connaît aussi l'identité cachée de ce flic atypique. Dexter comprend que le tueur est comme lui, comme sa part sombre et que donc lui seul peut le démasquer.

Cette première saison se fait de plus en plus intéressante au fur et à mesure des épisodes. Au début, ça part comme des enquêtes, certes atypiques à cause de la double personnalité de Dexter, mais pas vraiment excitantes. Plus on avance et plus le personnage gagne en complexité, ou plutôt, plus le personnage, et donc le téléspectateur, en apprend sur son enfance, sur le drame qui a fait de lui un tueur sanguinaire. A partir de l'épisode 8, le téléspectateur apprend qui est the Ice Truck Killer (j'avais deviné, trop forte !) alors que Dexter reste lui ignorant. La tension monte alors rapidement car certains proches de Dexter vont se retrouver pris au piège du jeu qui oppose les deux tueurs.

L'ambiguïté de Dexter peut mettre mal à l'aise, Fashion par exemple n'a pas été convaincue.  Mais je me débarrasse bien vite de ce scrupule, ce n'est qu'une série télé. Ce qui m'intéresse  ici, c'est la personnalité du tueur et l'excellente mise en scène de son dévoilement : comment et pourquoi est-il devenu un tueur en série ? Autre bon point : Dexter gère très mal ses relations sociales, il est absent au monde quand il ne s'occupe pas de meurtres. La voix off traduit très bien son mal de vivre et le poids social qu'il doit supporter pour avoir l'air comme les autres.
Ce qui est fort dans cette histoire, c'est que ce Dexter est un tueur en série, aucun doute, mais que pourtant, le téléspectateur tremble pour lui et croise les doigts pour qu'il ne se fasse pas prendre. Les serial killers qu'ils tuent sont toujours plus salauds que lui dont la face claire est si attendrissante avec tout le mal de vivre qu'il trimballe et le passé qui peu à peu se dévoile. Qui ne sentira pas son petit coeur frémir devant le bambin hurlant dans un bain de sang ?

J'ai donc entamé cette série uniquement sur le nom de Michael C. Hall, alors qu'en est-il ? Je l'ai trouvé convaincant, même si pas aussi parfait que dans Six Feet Under. Mais pas de doute, cet acteur est fait pour les personnages torturés de l'intérieur. Il sait, par une certaine froideur, leur donner charme et consistance.
Comme dans toutes les bonnes séries américaines, les personnages secondaires sont tous indispensables. Encore un black au charme fou (Eric King), légèrement agressif, qui m'a charmée. De même que le flic latino (David Zayas) qui ne se remet pas de sa procédure de divorce. Mais Debra Morgan (Jennifer Carpenter, madame Michael C. Hall à la ville) ne me plaît pas du tout. Elle est maigre, son corps bouge mal, elle n'a pas de présence ni de charme. Elle est vulgaire et je ne la trouve pas crédible en flic.

Un petit trailer pour vous donner envie, trop court mais je n'ai pas trouvé mieux en v.o.s.t...

 

Cette série est une adaptation des romans de Jeff Lindsay que je ne connais pas.

Si la saison 2 de Dexter prend la poussière sur vos étagères, je suis preneuse !

Par Yspaddaden
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Samedi 20 juin 2009
En matière de séries, je suis amatrice d'étrange et de bizarre, c'est incontestable. Mais alors là, je suis quasiment sans mot... C'est le genre de séries que je regarde en me disant que je passe à côté de plein de choses, que je ne comprends pas tout et que c'est intelligent : très frustrant ! Alors vous confier mon sentiment relève du défi ; commençons par planter le décor.

Je n'ai jamais vu de film de Lars von Trier, ce qui explique sans doute mon total étonnement dès les premières minutes. L'image, de couleur sépia, est très granuleuse, absolument pas lisse et léchée comme les séries auxquelles nous sommes habitués. Ensuite, la caméra bouge tout le temps. Par exemple, quand les personnages sont en réunion, il n'y a pas de champ contre champ pour passer d'un interlocuteur à l'autre : la caméra les balaye tous rapidement pour s'arrêter sur chacun. Et surtout, ce qui m'a le plus troublée je pense : il n'y a pas de musique. C'est très perturbant, pas de violons allant crescendo pour vous prévenir que là, attention, il va se passer un truc atroce...
Ceci posé, voici "l'histoire" :

L'hôpital de Copenhague a été construit sur d'anciens marécages. Une victoire de la science et du rationalisme sur l'occulte et le mystère... Enfin jusqu'à ce que certaines manifestations étranges remettent en cause ce postulat rassurant.
Le personnel soignant de cet hôpital s'avère d'ailleurs des plus étranges... ils sont tous cinglés, mais pas du genre à se promener avec une passoire sur la tête, non, plutôt du genre "Twin Peaks", même si leur folie est encore plus dangereuse car pas immédiatement discernable.
Le professeur Moesgaard (Holger Juul Hansen) est le chef du service de neurochirurgie (où se passe toute la série) : je ne souhaite à personne de tomber sur un type pareil, un incompétent, totalement idiot et à côté de la plaque. Son principal collègue est le docteur Helmer (Ernst-Hugo Järegard, ci contre, oui, il est bien en train d'inspecter le contenu de ses WC !), un Suédois arrivé il y a peu. Il hait les Danois et le reste de l'humanité également. Il est prétentieux, infect, sûr de lui. Pourtant, on l'accuse d'erreur médicale sur la personne de la jeune Mona devenue un légume depuis qu'il l'a opérée. S'il arrive à récupérer le rapport d'anesthésie qui risque de le mettre en cause, il sauve son poste. Mais Hook (Soren Pilmark), un interne, entend bien mettre la main dessus avant lui. Hook est le seul gars qui a l'air à peu près normal dans cette histoire, mais ça ne durera pas, je vous rassure... Il est amoureux de Judith (Birgitte Raaberg), qui se révèle enceinte d'un homme qui a disparu. Il y a aussi Mogge (Peter Mygind), étudiant et fils du chef de service, qui en pince pour une infirmière qui le repousse. Pour lui prouver son intérêt pour elle, il lui offre une tête récupérée sur un cadavre qui lui ressemble étrangement (eh oui, l'humour de carabin...). Le professeur Bondo (Baard Mowe) lui travaille depuis dix ans sur les sarcomes du foie, alors quand enfin un mourant arrive à l'hôpital avec un superbe cancer du foie, il demande à la famille de le récupérer. Devant leur refus, il décide de se le faire greffer pour qu'il devienne sien (là ça n'est plus de l'humour du tout...).
Il y a encore beaucoup d'autres personnages parmi le personnel soignant qui vaudraient présentation, mais ce billet serait trop long. Il me reste donc à vous présenter madame Drusse, celle par qui tout arrive. Elle veut absolument être hospitalisée, par tous les moyens, parce qu'elle entend la voix d'une petite fille qui pleure dans l'ascenseur et elle veut savoir qui elle est. Elle va découvrir avec l'aide de son fils, Bulder (Jen Okking), une bonne pate de brancardier, que c'est le fantôme de Mary, fillette morte en 1919 à l'hôpital, officiellement de la tuberculose, mais plus probablement tuée par son père médecin. D'ailleurs, son père ressemble étrangement au père du bébé que porte Judith... Enfin, un bébé... c'est une façon de parler...

Alors pourquoi tout ça est-il si étrange et inquiétant ? Eh bien parce que ces médecins n'agissent pas comme des médecins. Ils se réunissent par exemple dans une Loge aux rituels tout à fait ridicules. Les étudiants organisent des courses de vitesse où il s'agit de parier sur la rapidité du conducteur qui doit remonter l'autoroute à l'envers. Et puis il y a ces deux jeunes trisomiques qui travaillent à la plonge : ils reviennent régulièrement, commentent la déchéance de l'hôpital, ont l'air d'en savoir beaucoup plus que les autres, et je vous jure qu'ils fichent la trouille... Ils contribuent à l'ambiance résolument inquiétante qui rôde dans cet hôpital et qui caractérise cette série. Car la peur s'installe plus subrepticement que par des scènes vraiment horribles, même s'il y en a quelques unes, notamment, celles proprement médicales (j'ai eu beaucoup de mal avec l'opération du cerveau à coups de perceuse et avec l'exposition d'organes et les différentes opérations et raccomodages filmés en gros plans). En gros, la série est à déconseiller absolument à toutes femmes enceintes (j'ai mis un bout de temps à pouvoir regarder le fruit des entrailles de Judith) et à tous ceux qui ont un problème avec la dévoration et l'hémorragie interne à tendance démoniaque...

Il est difficile d'en dire vraiment beaucoup plus car cette série ne compte que huit épisodes d'un peu plus d'une heure chacun. A la fin de chaque épisode, apparait Lars von Trier, tout sourire, qui espère que nous avons passé une bonne soirée, alignant quelques phrases qui rendent encore plus obscur ce que l'on vient de voir, puis nous invitant à prendre le Bien avec le Mal.
Alors nul doute qu'il y a une bonne dose de satire du monde hospitalier dont tous les membres, jusqu'au directeur sont absolument inconséquents, carriéristes, cyniques. Mais tous ces personnages ne sont pourtant nullement caricaturaux, ils sont finement présentés et analysés dans l'extrême de leurs ambiguïtés. Certains que l'on croyait sympathiques se révèlent abominables, d'autres totalement incapables de gérer des situations de crise. Alors quand le surnaturel surgit, la peur et l'intérêt s'emparent de chacun pour plonger cet hôpital dans l'horreur et le ridicule. Car j'ai quand même oublié de vous préciser que certaines scènes sont drôles apportant un contraste salvateur avec ce qui se joue dans l'obscurité.

Il est certain que cette série ne peut pas plaire au plus grand nombre tant c'est particulier. Il faut déjà supporter les scènes d'horreur (même si certaines sont drôles, la série tournant de plus en plus au grand guignol au fur et à mesure des épisodes) et avoir envie de tenter une expérience cinématographique, car cette série en est vraiment une. C'est étrange, malveillant, inquiétant, déstabilisant...

Cette série existe en DVD, huit épisodes d'environ une heure et quart chacun, diffusés entre 1994 et 1997 au Danemark. Seule la version originale sous-titrée en français est disponible.
Par Yspaddaden
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Samedi 30 mai 2009

Bienvenue dans la famille Fisher, croque-morts de père en fils. Le père mourant dans l'épisode pilote, ce sont les fils qui vont devoir se débrouiller avec l'entreprise familiale.
Pour Dave (Michael C. Hall - "Dexter") qui n'a jamais rien fait d'autre, c'est simple, mais pour Nate (Peter Krause - "The Lost Room"), le beau gosse qui profite de la vie loin du nid étouffant, c'est autre chose. Il rentre en Californie et va devoir se mettre au boulot, pas simple.
Mais de toute façon, rien n'est simple chez les Fisher. La cadette, Claire (Lauren Ambrose), est une jeune fille à part que le métier de ses parents met en marge de ses camarades. Elle est secrète, renfermée, limite asociale. Son premier amour, Gabe (Eric Balfour), est plutôt mal choisi : petit dealer, tête de con, il se joue d'elle et de son attachement. Ruth (Frances Conroy), la mère, a l'air tout ce qu'il y a de plus respectable : la messe le dimanche, ballerines-chaussettes et chemisiers top ringards boutonnées jusqu'au kiki. Oui mais voilà, elle apprend à ses enfants qu'un an avant la mort de son mari, elle avait déjà un amant, son coiffeur (Ed Begley Jr.). Et pour bien faire, elle veut travailler, voir si l'air est meilleur loin des cercueils. Moins fier, Dave ne parvient pas à avouer aux autres qu'il est homosexuel. Malgré une relation épanouissante avec Keith (Matthew St Patrick), le superbe flic noir taillé comme une armoire et aussi apaisant que bienveillant, il n'arrive pas à s'accepter et ne tarde pas à péter les plombs en multipliant les relations d'un jour. On pourrait croire que pour Nate, beau comme un dieu, tout est plus simple. Erreur car le malheureux est tombé sur la fille la plus compliquée qui soit, Brenda (Rachel Griffiths). Fille ultra brillante de parents psychanalystes, elle ne se sort pas de la relation très fusionnelle avec son frère Billy (Jeremy Sisto), une gueule d'ange mais un taré puissance dix.



Les thèmes principaux : le sexe et la mort. Comment, quand on est dans la mort depuis des générations, peut-on envisager la vie comme les autres ? Ils ont tous vécu dans une ambiance feutrée, austère, toujours en retenue car les expositions de défunts se font dans leur propre maison. Toujours à respecter, à ne pas froisser les familles... frustrations et refoulements assurés, crises prévisibles en cas de difficultés. A ne pas vivre sa vie mais la mort des autres, on en vient à ne plus être au monde, à se mettre en marge. La sexualité est aussi au coeur des épisodes avec Dave l'homosexuel, Ruth, la mère, la soixantaine bien tassée qui multiplie les conquêtes après la mort de son mari, Claire qui ne se livre pas aux relations d'une nuit comme son amie Parker.

Tout ce beau monde a des hallucinations : les morts leur parlent, Nathanael Fisher Sr au début très souvent, mais aussi ceux dont ils s'occupent qui les poussent à s'interroger et à se remettrent en cause.

Alors attention : humour très noir en perspective. L'épisode pilote donne bien le ton, avec des flashs publicitaires pour pompes funèbres vraiment hilarants, qui malheureusement ne continuent pas ensuite. Chaque épisode commence pas le décès d'une personne dont les Fisher vont devoir s'occuper ensuite. C'est parfois très drôle (comme avec la star de films pornos), cocasse (cf. le boulanger broyé par les pales de son pétrin mécanique) et parfois absolument tragique (notamment l'épisode qui débute par la mort subite d'un nourrisson). Chaque décès amène les protagonistes à s'interroger sur eux-mêmes, parfois beaucoup plus personnellement qu'ils ne le souhaiteraient (cf. l'épisode où le mort est un jeune homosexuel tabassé dans la rue).
Mais il n'y a pas que ça. Notamment à travers les personnages de Dave, Claire et les parents de Brenda, la série interroge la société américaine, son système éducatif, son intolérance, sa religion. Quelle terrible scène que celle où, lors des funérailles du jeune homosexuel tabassé, des manifestants brandissent des pancartes "Gods Wrath on Fags" (la colère de Dieu sur les pédés) ! Ils vont tous à l'église, même si, pour certains, il s'agit plus de sauver les apparences.

Quelques mots sur les acteurs qui sont absolument excellents. Au début, c'était incontestablement Nate mon préféré, le beau Nate, cool, simple, sympa. Il arrive, il est là, il est beau. C'est bien. Mais Dave a un rôle beaucoup plus riche et complexe et a pris peu à peu l'ascendant sur Nate. Il est torturé Dave, il en fait trop. Il voudrait trouver sa place dans la société mais il veut aussi assumer son homosexualité. Peu à peu, Dave n'est plus le personnage bien poli et cravaté du début, il prend énormément d'ampleur grâce à un Michael C. Hall tout à fait remarquable.
J'aime aussi beaucoup le personnage de Ruth, la mère qui commence par être une coincée de première puis se libère et se dévoile peu à peu. Elle est drôle parce qu'elle reste prisonnière de ses principes alors que ses désirs la poussent vers la transgression. Alors qu'elle a toujours été mère avant tout, elle se revendique femme, et la voilà assaillie par les faveurs de deux hommes, au demeurant très différents. Brenda m'énerve passablement mais son frère me plaît bien, complètement allumé, beau et dangereux, beaucoup de potentiel ! Quant à Claire, c'est une très jolie rousse au visage très expressif, souvent dubitatif et ses mimiques sont craquantes. Et j'aime bien Rico aussi, l'employé des Fisher : pas de prise de tête, s'il y en a un qui a l'air sain dans cette série, c'est bien lui !


Bon allez, vous en prenez pour 5 saisons, 63 épisodes diffusés entre 2001 et 2005 aux Etats-Unis. Et si vous avez encore un doute sur la qualité de cette série, sachez qu'elle s'est classée deuxième lors de "L'odyssée des séries 2000's" organisée par Thom, dont le classement se trouve ici.

Le site de la série

Par Yspaddaden
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Dimanche 22 mars 2009

Amateurs d’étrange et de bizarre, cette série est faite pour vous !

Joe Miller (Peter Krause) est inspecteur de police à Pittsburg. Beau comme un dieu, divorcé, il a la garde de sa fille, Anna, huit ans. Pour son plus grand malheur, on lui remet un jour une clé, celle de la chambre n°10 du motel Sunshine. Il ne tarde pas à comprendre que cette clé ouvre toutes les portes et conduit invariablement dans la lumineuse chambre en question. Quand il en ressort, il peut être n’importe où…


Malheureusement pour lui, nombreux sont ceux qui cherchent à s’emparer de cette clé et en particulier la Légion et l’Ordre. Ces deux groupuscules veulent en fait rassembler tous les objets qui se trouvaient dans cette chambre, une centaine au total, qui tous ont un mystérieux pouvoir. Joe Miller croise bientôt un homme qui, en agitant un ticket de bus se retrouve catapulté à Gallup, Nouveau-Mexique, autant dire le milieu de nulle part ; puis un autre qui disparaît en se donnant un coup de peigne. Tous deux ont l’air un peu… disons, dérangés…
C’est que les possesseurs d’objets ne tardent pas à se suicider ou à devenir fous. Joe Miller ferait bien de se débarrasser de sa clé… sauf que son adorable petite fille (Elle Fanning, la soeur de Dakota) est entrée dans la chambre et a disparu. Pour la retrouver, il doit garder la clé, et peut-être rassembler d’autres objets… Des lunettes, un réveil, une photo, un rasoir… autant de choses qui seraient des morceaux de Dieu et qui, rassemblées, permettraient de lui parler… Eh oui, la chambre n°10 serait peut-être bien l’endroit où Dieu est mort, le 4 mai 1961 à 13 heures 20…


Intérêt premier de la série, soyons honnête : Peter Krause (« Six Feet Under »), dont la photo ci-contre se passe à mon avis de commentaires…

Mais pas seulement, car les autres acteurs sont épatants, de Roger Bart qui en agitant son stylo vous brûle un ennemi en deux secondes à Peter Jacobson, le doux dingue au ticket de bus en passant par Kevin Pollak (qui ressemble à Jacques Attali, dites-moi si je rêve…) et l’ambigu Dennis Christopher (derrière Peter Krause sur la photo), le médecin légiste, personnage central et vraiment magistralement interprété (parce qu’il est toujours facile de jouer les héros, mais beaucoup plus difficile d’être un personnage trouble).


Et puis le scénario a tout pour me plaire : des objets aux pouvoirs maléfiques, une chambre mystérieuse et un héros qui patauge dans la semoule et reconstruit avec nous, peu à peu, une histoire vraiment bizarre. Les questions succèdent aux questions, le téléspectateur découvre les uns après les autres les porteurs d’objets, tous plus barjes les uns que les autres (ci-dessous, le porteur de peigne, complètement allumé !), et le mystère de cette chambre s’épaissit.


Alors dites-moi comment ne pas craquer pour ce charmant papa prêt à tout pour récupérer sa fille, hein ? D’ailleurs, si la rationalité et le vraisemblable ne sont bien sûr pas les maîtres mots de cette épatante série, le plus incroyable reste quand même qu’un homme pareil soit divorcé, disons même célibataire… enfin bon, il ne le reste pas, faudrait voir à pas rêver…

 


 

Cette série américaine de six épisodes (deux DVD) a été diffusée sur M6 je ne sais quand, vous l’avez peut-être vue. Et si je ne vous ai pas convaincus, allez donc lire le billet de Cachou, c’est sa faute si je suis tombée dedans !

Par Yspaddaden
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Mercredi 25 février 2009

L'enthousiasme prenant le dessus, voici enfin un billet sur une des plus formidables séries qui soit : Doctor Who ! Incontournable pour tous les British dans l'âme, c'est LA série qu'il ne vous faut pas rater. Et en plus, si comme moi vous ne disposez pas de petit (ou plus ou moins grand) écran : pas grave ! DVD et téléchargement combleront votre curiosité qui va faire un bond aujourd'hui, enfin j'espère.

Petit historique. Cette série existe depuis plusieurs décennies et le doctor a été incarné par différents acteurs entre 1963 et 1989. Je ne vous parlerai ici que de la nouvelle série, celle qui débuta en 2005 en Grande Bretagne, produite par Russell T. Davies.  C'est alors le formidable Christopher Eccleston qui endosse le rôle titre, mon préféré, celui avec de grandes oreilles, un grand nez et un sourire.... ravageur. J'adore, ne me parlez pas de David Tennant, il n'y a que Christopher... et Rose, la formidable Billie Piper, associée du docteur, si naturelle et craquante. Le doctor bénéficie de treize incarnations. Christopher Eccleston fut le neuvième, David Tennant le dixième et le prochain vient d'être choisi : Matt Smith.

Le pitch: le doctor est un extra terrestre. Sa planète a été décimée lors d'une guerre dont il est le seul survivant. Depuis, il sillonne le temps et l'espace à bord de son TARDIS, son vaisseau qui a l'apparence d'une cabine de police (police box) et la particularité d'être beaucoup plus grand à l'intérieur qu'à l'extérieur.
Que sait-on du doctor ? Pas grand-chose en vérité... Il a deux coeurs, est très intelligent et manie l'humour comme un Anglais digne de ce nom. On ne connaît bien sûr pas son nom et pas grand-chose de sa vie avant son incarnation en être humain si ce n'est qu'il a été père et est le dernier Seigneur du Temps. Saison après saison, quelques indices sont lâchés, mais c'est le mystère qui lui va le mieux ! 

Ses ennemis: les principaux sont les Daleks qui ont exterminé sa planète, les Cybermen, d'origine humaine mais venant d'une autre dimension, mais en règle générale, tout ennemi de l'humanité est l'ennemi du doctor.

Ses alliés: la jeune fille qui l'accompagne (Rose dans la première saison), le petit ami de Rose (Mickey), sa mère (Jackie) et... le capitaine Jack Harkness (John Barrowman), le trop beau, le flambeur, le séduisant Jack Harkness ! C'est d'ailleurs dans cette saison qu'ils se rencontrent, à l'occasion d'un angoissant saut dans la Seconde Guerre mondiale. Les trois derniers épisodes de la saison sont carrément colonisés par Jack, qui fait de l'ombre à Christopher, non mais ! Les producteurs lui ont donc conçu une série parallèle, Torchwood (anagramme de Doctor Who) dans laquelle Jack peut se la péter tant qu'il veut et affronter avec sa fine équipe tous les extraterrestres de l'univers. Beaucoup d'humour ce Jack, cent idées géniales à la minute (devinez où il cache son arme quand il est à poil ?), courageux comme tout (prêt à affronter l'ennemi armé d'une simple banane) et bisexuel (il y en aura donc pour tout le monde !) à l'écran, alors qu'homosexuel dans la vraie vie (pleurez, mesdames, pleurez !).

Alors, qu'est-ce qui fait le charme de cette série ? Le doctor bien sûr, qui en plus d'être intelligent, est bourré d'humour et de charme. Les relations qu'il entretient avec sa compagne (qui n'est pas sa petite amie, non non) sont au centre de la série, ils ont des réparties qui font mouche, se disputent, se sauvent mutuellement la vie et s'adorent sans se le dire. Ils sont sans cesse embringués dans des situations très périlleuses où le sort de l'humanité est en jeu. Et surtout, ils voyagent dans le temps et l'espace et donc visitent des lieux absolument improbables, trois cents ans dans le passé ou dans deux cents millions d'années, au crépuscule de l'humanité. L'épisode deux par exemple, nous entraîne en l'an 5 000 000 000 alors que le soleil en expansion est sur le point d'anéantir la Terre.
Mais j'aime particulièrement les épisodes se déroulant dans le passé, comme celui où ils rencontent Charles Dickens. L'épisode le plus émouvant de cette première saison est à mon avis celui où Rose retrouve son père, mort alors qu'elle n'était qu'un bébé. C'est triste mazette, j'en ai versé une petite larme !

Alors vous qui, je le sens, brûlez de découvrir le doctor, attention ! La saison 1 est disponible en DVD mais vérifiez bien que celui que vous achetez bénéficie de la version originale avec sous-titres en anglais. Si c'est le cas pour cette saisson 1, les suivantes commercialisées en France n'ont que la VF, une véritable honte ! Sinon, il vous reste le téléchargement, un peu long (72 heures pour la saison 3), complexe car épisodes et sous-titres se téléchargent séparement et peut-être même pas tout à fait autorisé mais grâce auquel vous pourrez aussi voir les épisodes spéciaux de Noël.

Et parce que je vous aime, le trailer du come back (il est très court, c'est un teaser !)  


Message personnel : Christopher, si tu ne mets plus ta veste, je la veux bien !
Par Yspaddaden
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