Le livre de Dennis Lehane, la bande dessinée de Christian de Metter. Sortie prévue le 2 octobre.
Soyons clair d'entrée : je n'aime pas le foot, voire pire... Mais Eric Cantona, c'est autre chose qu'un footballer. D'abord, c'est quelqu'un qui, comme moi,
a l'impression de ne pas être né dans le bon pays. Celui de son coeur, c'est l'Angleterre et les Anglais le lui rendent bien.
Attention, film absolument interdit à tous ceux qui meurent d'envie de se rendre Outre-Manche, sous peine de sévère frustration ! Car c'est toute l'Angleterre que vous avez là,
et l'essence même du rock, dans un film totalement jouissif, a feel good movie.
Carl (Tom Sturridge, il a de l'avenir !) vient de se faire virer du lycée. Très bizarrement sa mère, pour le faire rentrer dans le droit chemin, l'envoie sur le bateau où sévit la plus populaire
des radios pirates britanniques : Radio Rock. Pourquoi pirate ? Parce que dans l'Angleterre de 1966, la BBC ne diffuse que quarante-cinq minutes de rock par jour... Quarante-cinq minutes en
pleine époque des Stones et des Beatles ! C'est que le gouvernement de Sa Très Gracieuse Majesté estime le rock immoral et obscène. C'est la bête à éradiquer, celle qui pervertit la jeunesse et
travaille au relâchement des moeurs... Bon, il faut dire que le langage utilisé par la joyeuse bande d'animateurs n'est pas des plus châtié et que bien souvent ils vont a word too far...
Et qu'ils ne sont pas qu'un peu provocateurs, par exemple quand ils choisissent de reprendre l'antenne après interdiction avec "Let's Spend a Night Together", chanson hautement polémique s'il en
est...
Mais quelle ambiance à bord ! Les DJ, confinés très loin des côtes pour ne pas être dans l'illégalité, vivent en autarcie et font régner une ambiance vraiment cool. Quelques petites tensions
cependant, en particulier lorsque débarque Gavin (Rhys Ifans), DJ hyper subversif de retour des States dont la cote de popularité auprès des femmes est au plus haut. Parce que les femmes, si
elles ne viennent pas souvent sur le bateau (la seule à bord est une lesbienne), sont quand même un des sujets de conversation principaux. En particulier pour Young Carl, encore puceau, qui va
bénéficier de l'aide de ses nouveaux amis qui, vraiment, ne peuvent pas le laisser dans cet état... Une vraie bande d'allumés hyper sympathiques qui ne vivent que pour la
musique.
Et de la
musique, il y en a tout au long du film, qui vous fait regretter d'être assis dans un fauteuil : les Stones, les Who, Otis Redding, Leonard Cohen ("So Loooong Marianne !"), Cat Stevens, les
Beach Boys... le top du rock de l'époque et pour finir, the last but not least : David Bowie (oui, Emmyne, il n'était pas
encore à l'époque le plus beau et le meilleur chanteur du monde connu, mais comme tous bons Anglais qui savent d'où vient Le Rock, ils n'ont pas pu résister et finissent juste avant le
générique avec "Let's Dance").
Alors quand le gouvernement décide de couler les radios pirates, c'est au sens propre que ces joyeux drilles doivent prendre l'expression. Dormandy (Kenneth Branagh, je ne l'avais pas reconnu..)
s'acharne, c'est le sale type de service, beaucoup d'humour quand même, en particulier au détriment de Twatt (eh oui, trou-du-cul...), son homme de main.
Pour faire bref, amis du Rock'n'Roll, courez voir ce film ! Deux heures quinze de musique et d'humour so british, ça ne se refuse pas !
Je vous colle la version courte de la b.o., je trouve que la version longue en dévoile
trop.
Le site du film. Et merci à Cryssilda et
Annie pour leurs billets, c'est grâce à elles que je me suis précipitée.
Good Morning England de Richard Curtis
Avec : Kenneth Branagh, Philip Seymour Hoffman, Rhys Ifans, Bill Nighy...
Sortir nationale : 6 mai 2009 - Durée : 2 heures 15
Comment sensibiliser des lycéens au thème de la dictature ? Et pas n'importe quels lycéens, des jeunes Allemands qui en ont
marre du sentiment de culpabilité de leur peuple : ils n'étaient pas nés à l'époque, qu'on leur fiche la paix avec ça. D'ailleurs selon eux, il est impossible de voir émerger une nouvelle
dictature dans le pays, les Allemands ont été assez prévenus.
Leur prof, Rainer Wenger (Jürgen Vogel), n'est pas très en phase non plus avec l'autocratie, lui c'est plutôt l'anarchie, d'ailleurs, il ne fait aucun doute qu'il est un prof différent des
autres, que les élèves tutoient et appellent par son prénom. Plutôt que de les plonger dans la théorie et les livres, il choisit donc la carte du vécu. Fini donc Rainer, désormais ça sera Herr
Wenger et on lui demande la parole avant de se lever pour parler, chacun son tour. Bientôt, ils se choisissent un nom, La Vague, un uniforme, chemise blanche pour tout le monde, un emblème et un
salut. Ce que le professeur ignore, c'est que l'expérience se poursuit à l'extérieur : les membres de La Vague se retrouvent entre eux, excluent ceux qui ne portent pas la chemise blanche,
taguent leur emblème partout en ville. Petit à petit, la solidarité qui les lie et dont ils sont si fiers transforme les autres en marginaux, voire pire.
Quand Rainer Wenger se rend compte des proportions dangereuses qu'a pris son expérience, il est trop tard : La Vague est devenue incontrôlable et la violence s'en
mêle.
Un film très dur et d'autant plus percutant qu'il est inspiré de faits réels qui ont eu lieu aux Etats-Unis. Bien
sûr, replacés en Allemagne, ils prennent une dimension encore plus symbolique. Il est clair au départ que ces jeunes lycéens bien sympathiques n'ont rien de néo-nazis : cette expérience est pour
eux l'occasion de valoriser l'esprit de communauté, la solidarité et l'identité. Mais La Vague prend le pas sur les individus qui peuvent ainsi affirmer leur puissance par voie de violence et de
discrimination. La plupart de ces jeunes gens sont bien trop désoeuvrés pour réagir et prompts à se trouver un gourou charismatique. Ils sont fragiles et manipulables et rien de ce qu'ils ont
appris ne leur est utile. La seule qui s'oppose à cet embrigadement, en pressent les dangers, est rejetée par ceux qu'elle pensait être ses amis.
Aucun doute, le film est démonstratif. Se déroulant sur une semaine, les événements vont trop vite pour être tout à fait crédibles : le réalisateur aurait gagné à faire durer son intrigue
sur au moins un mois et ainsi évité quelques raccourcis assez caricaturaux. Mais le film n'en reste pas moins très fort, Dennis Gansel choisissant la carte de l'extrême pessimisme avec une fin
beaucoup plus tragique que celle du roman éponyme de Todd Strasser dont il est tiré.
Le lieutenant Dave Robichaux découvre le cadavre d'une jeune fille dans un bayou de Louisiane. Violée, éviscérée, cette
jeune prostituée semble avoir été victime d'un maniaque. Peu de temps après, le quasi squelette d'un Noir enchaîné est mis à jour grâce au témoignage d'une star de cinéma (et au passage de
l'ouragan Katrina). Pour Robichaux, ces deux meurtres sont liés. Il va enquêter autour d'un mafieux local qui a investi dans le film en cours de tournage, se fera tirer dessus et sa fille sera
enlevée. Classique. Ce qui l'est moins, c'est qu'il a des visions : lui apparaissent régulièrement des confédérés errant dans les marais, et en particulier leur général qui lui donne toutes
sortes de conseils. C'est que comme l'acteur qu'il finit par recueillir chez lui, Robichaux a des problèmes avec la bouteille. Alors délire d'alcoolique et réminiscence d'un passé qui s'accroche
à la terre et aux hommes dans la brume épaisse de la Louisiane plus que jamais sudiste ?
Et bien je ne sais pas... un peu des deux certainement. Ces apparitions qui donnent une touche quelque peu fantasmagorique au film ne m'ont pas parues ridicules ou inutiles, au contraire : elles
enracinent le héros dans une terre et une histoire qui le cernent.
Là où je suis beaucoup plus sceptique, c'est sur l'histoire elle-même et les personnages. Je n'ai pas lu le livre de James Lee Burke dont ce film est tiré, mais le moins qu'on puisse dire c'est
que j'ai trouvé tout ça assez confus. Pourquoi Robichaux lie-t-il le meurtre de la jeune fille et celui du Noir quarante ans auparavant ? Pourquoi l'acteur qu'il a arrêté pour conduite en état
d'ivresse vient-il chercher des bières chez lui ? Quand à la fin, le meurtrier est dévoilé, on ne sait absolument rien de ses motivations, ni de la nature réelle de ses liens avec le mafieux
local. Et puis je m'attendais à être éblouie par Tommy Lee Jones, ce qui n'est pas du tout le cas : son jeu est assez froid et son visage très marqué inexpressif. Il est censé lutter contre
l'alcool, ce qui ne m'a pas du tout sauté aux yeux. Il paraît bien loin de son rôle... Quant aux deux stars hollywoodiennes, franchement, elles ne sont absolument pas crédibles. Et que dire de
l'agent du FBI, aussi convaincante que moi en danseuse étoile... Beaucoup des relations entre les personnages me semblent trop superficielles pour faire exister les personnages et leur
donner une véritable stature (qui est en fait John Goodman ?).
J'avais envie de voir ce qu'un réalisateur français peut faire outre-Atlantique et j'ai été déçue (vous êtes prévenus, rien à voir avec Le Cinquième élément !). Le seul intérêt à mes
yeux réside dans les décors : la Louisiane est vraiment un état particulier, tout en marais et en végétation anarchique, embrumée au possible et inhospitalière pour qui n'est pas du cru. Tout en
contrastes (tour à tour paisible et inquiétant), le bayou est un personnage à part entière.
Le billet d'Aifelle qui vous donnera certainement envie de voir ce film, celui de Dominique un peu moins...
Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier
Avec : Tommy Lee Jones, Peter Sarsgaard, Kelly Mac Donald
Sortie nationale : 15 avril 2009 - Durée : 1 h 57
Walt Kowalski est vraiment un type détestable : raciste, vieux, intolérant, il ne s'intéresse qu'à sa voiture, une Ford Gran Torino 1972 qu'il astique et surveille de tous ses yeux et
ses guns. C'est qu'elle fait des envieux dans ce quartier misérable où les gangs font la loi. Quartier que les Américains blancs ont déserté au profit d'immigrés asiatiques qui tentent de vivre
dignement mais qui gâchent le paysage de Walt. Ils n'aiment pas ces gens, leurs coutumes, leur nourriture, même leur gentillesse il ne la supporte pas. D'ailleurs Walt n'aime personne, sauf sa
chienne.
Alors quand son jeune voisin Tao tente de lui piquer la prunelle de ses yeux, il passe à un cheveu du flingue. Et pourtant, il déteste encore plus les gangs que Tao. Alors quand un
jour celui-ci se fait agresser par la bande, il ressort son gun et fait fuir les gaillards, pour un temps (enfin surtout parce qu'ils marchent sur sa pelouse et ça, il ne supporte pas...). Walt
devient le héros du quartier, celui qui a sauvé Tao.
Pour tout dire, j'ai trouvé Eastwood magistral du début à la fin. Il incarne à merveille ce type haineux, seul à en crever qui grogne plus qu'il ne parle à ses
contemporains. Mais on se doute bien qu'il y a plus que du racisme derrière cette haine enracinée. Il y a la guerre, celle de Corée, l'enfer, la mort, la violence rivée au corps ; il y a le pays
qui se dégrade, l'Amérique qui fout le camp, le rêve qui s'effondre ; et il y a les Américains, principalement représentés par les enfants et petits-enfants de Walt, dont la connerie fait froid
dans le dos...
Alors pas facile d'être tolérant et d'ouvrir les yeux. Et pourtant Walt va écouter et regarder. Ecouter Sue,
la soeur de Tao lui raconter son pays, ses coutumes, son frère. Regarder Tao, un bon gars, trop faible pour ce pays de hyènes. Il va même s'attacher à lui, à sa manière bourrue et
autoritaire. Il va trouver dans cette famille si différente de la sienne les valeurs que l'Amérique à oublié : la dignité, le travail, l'honnêteté. Il va ouvrir les yeux Walt, et découvrir que
celui qui est étranger n'est pas forcément différent. Banal comme thème ? Certainement. Tout réside dans la force avec laquelle Eastwood la fait passer. Le film est à mille lieues du bon
sentiment, d'une froideur étonnante alors que le spectateur passe par tant d'émotions. Et ce personnage crépusculaire s'offre une belle rédemption, silencieuse à son image. Attendue,
peut-être ? Sûrement. Mais on s'en fiche, Gran Torino n'est pas un film à suspens.
Un rôle de Clint Eastwood pour Clint Eastwood, dont on a toujours l'impression qu'il nous dit adieu, mais qui est
toujours là, monumental.
Ci dessous, le générique final + scènes du film. Quelqu'un sait-il si c'est Eastwood himself qui chante dans le film avec Jamie Cullum ?
Edit du 08/04/09 : pour entendre le grand Clint chanter, c'est ici : merci Fildefer !
Quelques avis chez Anjelica,
Dasola, Anne,
Kathel, Aifelle,
Alain,
Gran Torino de Clint Eastwood
Avec Clint Eastwood, Bee Vang, Ahney Her
Sortie nationale : 25 février 2009 - Durée : 1h 55
Ça y
est, je l'ai vu ! Après tout le monde ou presque, et surtout après plein d'avis positifs qui m'ont fait choisir ce film plutôt que Gran Torino ou
Harvey Milk : malheur ! Parce que je me suis ennuyée, et pas qu'un peu.
Déjà, au départ, je ne suis pas fan de Brad Pitt, qui pour être bon acteur ne m'a jamais laissé de souvenirs mémorables (si, peut-être Entretien avec un vampire). Et puis Cate Blanchett
ne me plaît pas, trop pâle, trop fade. Malgré tout, l'histoire me tentait bien. Un homme qui naît à quatre-vingts ans et qui rajeunit, ça doit entraîner pas mal de questions, non ? Non. Pas
une en fait. A aucun moment les personnages ne se demandent comment cette chose-là est possible, personne n'a l'air de trouver ça bizarre... Le seul moment où ça commence à poser problème, c'est
quand ledit Benjamin Button est sur le point d'être père : son enfant sera-t-il comme lui ? Comment assumer sa paternité alors qu'ils évolueront dans le sens inverse ? Mais là, deux heures de
films se sont déjà écoulées et moi, je n'en pouvais plus !
Alors bien sûr, les images
sont soignées et l'histoire d'amour est triste. Mais celle-ci est tellement superficielle qu'elle ne m'intéresse pas. Les maquillages sont réussis, sauf à la dernière apparition de Brad Pitt, en
adolescent, où ses traits sont tellement liftés qu'on dirait Ken (vous savez, le copain de Barbie !).
De belles scènes quand même : quand Cate Blanchett danse sous un kiosque la nuit, les duos Brad Pitt - Tilda Swinton et la cascade de scènettes retraçant l'enchaînement de coïncidences qui ont
provoqué l'accident de Daisy. Mais franchement, je n'ai pas été émue le moins du monde et je regrette ma séance...
Des avis positifs à la pelle, par exemple chez Dasola, Yohan, Virginie et Stephie, un peu plus mitigée
L'étrange histoire de Benjamin Button de David Fincher
Avec Brad Pitt, Cate Blanchett, Tilda Swinton
Durée : 2h 40 ! Sortie nationale : 4 février 2009
Bilal a dix-sept ans. Il vient d'arriver d'Irak à pied et n'a qu'une envie : s'embarquer pour la
Grande-Bretagne et rejoindre à Londres sa douce amie Minâ. Mais pour l'heure, il est bloqué à Calais après une tentative ratée de passage clandestin dans un camion.
Après quatre mille kilomètres à pied, ce ne sont pas trente kilomètres de mer qui l'effraient. Il décide donc d'apprendre à bien nager pour entreprendre la traversée. A la piscine, il
rencontre Simon, le maître-nageur. C'est un homme blessé, fatigué, en train de divorcer d'avec sa femme, bénévole d'une association qui nourrit les clandestins. Elle lui reproche sa lâcheté, son
silence face à la condition de ces hommes démunis et rejetés par les bons citoyens.
Ému par le sort de Bilal, désireux de prouver à sa femme qu'il peut lui aussi faire quelque chose, il décide d'aider le jeune garçon bien au-delà des limites de la loi. La police va donc s'en
prendre à lui aussi, pour aide à personne en situation irrégulière (à ne pas confondre avec assistance à personne en danger... rien à voir, malheureusement...) car la simple compassion est
interdite à Bilal.
A la question "Comment va le cinéma français", on peut apporter une réponse positive à l'issue de ce film. Pas de nombrilisme, pas de pathos, pas de gags à deux balles. C'est un film engagé et
humain qui montre sans complaisance mais sans militantisme forcené les conditions que la France fait à ces hommes démunis. Disons-le, la France ne fait rien. Ils ne sont pas renvoyés dans leur
pays en guerre, mais ils s'accumulent et attendent, sans autre objectif que de passer quand même et donc de tomber dans le délit pour y parvenir.
J'ai entendu dire que la ville de Calais n'appréciait pas ce film. Je le comprends et pourtant, la mobilisation de certains Calaisiens est explicite et fait honneur à tous ses habitants. D'autres
bien sûr ne sont pas montrés sous leur meilleur jour, et les dénonciations font froid dans le dos...
C'est donc un film politique, mais pas seulement. C'est aussi l'histoire d'un homme déboussolé par son amour perdu, vraiment très bien interprété par Vincent Lindon, pudique et bourru. Son
improbable rapprochement avec un jeune immigré sonne vraiment très juste sans que le réalisateur donne dans le mélodrame : quelques scènes simples et émouvantes construisent leur
relation.
Il est malheureusement possible que ce film ne change pas grand-chose à la situation de tous ces gens. Mais il a
au moins le mérite de faire parler d'eux, d'amener les gens à s'interroger et à réfléchir sur une situation qui n'en est pas, sur le sort de ces gens qui attendent.
L'avis de Dasola
Welcome de Philippe Lioret
Avec Vincent Lindon (Simon), Firat Ayverdi (Bilal), Audrey Danat...
Sortie nationale : 11 mars 2009 - Durée : 1h 50
Une envie de dépaysement et quelques avis enthousiastes m'ont poussée à aller voir ce film et je ne le regrette pas. C'est un conte, avec tout ce que cela implique comme clichés, mais
c'est aussi un très beau film sur l'Inde, que je ne connais absolument pas, sur ses quartiers sordides et la vie terrible des enfants des rues.
Le jeune Jamal décide de participer au jeu « Qui veut gagner des millions ». Contre toute attente, lui, le chien des bidonvilles (« slumdog ») répond correctement à toutes les questions alors que des gens bien plus cultivés ont échoué avant lui. Soupçonné de tricherie, il est arrêté par la police et sommé de désigner ses complices et d'expliciter son subterfuge. Mais il se tait, tout simplement parce qu'il n'a pas triché. Reprenant l'enregistrement de l'émission, le flic lui demande pour chaque question comment il a trouvé la réponse. A chaque fois, Jamal raconte un épisode de son enfance, souvent très triste, qui lui a permis de gagner. Comment sait-il quels sont les attributs de la déesse Shiva ? Tout simplement parce que des hindouistes menaient, quand il était enfant, des expéditions punitives contre les musulmans, dont une coûta la vie à sa mère.
Né dans la rue, Jamal a survécu avec son frère Salim, vivant de vols, de petits boulots et d'une incroyable bonne humeur, celle de l'enfance. Leur route croise un jour celle de Latika, qui devient aussitôt le grand amour de Jamal. Il échouera un jour à la sauver d'un type absolument sordide (qui ramasse les enfants des rues, les soigne puis les mutile pour qu'ils rapportent plus d'argent en mendiant dans les rues), et passera le reste de sa vie à la rechercher. C'est la touche romantique de l'histoire, très romantique même (façon Bollywood) : ils n'ont pas de chance, ils sont beaux, ils sont jeunes, ils vont s'en sortir... La fin est d'ailleurs complètement neu neu, mais ça ne fait rien !
Mon résumé est chronologique mais le montage lui ne l'est pas du tout puisque le film commence par l'interrogatoire plus que musclé que subit Jamal (rien moins que de la torture pour parler clairement), puis c'est le début du jeu télé et les souvenirs en flash back qui permettent à la police et aux spectateurs de comprendre comment ce pouilleux des bidonvilles peut connaître les réponses à ce jeu. Un montage très dynamique soutenu par des courses poursuites dans les rues de Mumbai ainsi qu'une musique très énergique qui soutiennent l'attention du spectateur du début à la fin de ces deux heures indiennes. Montage qui permet également de mettre en évidence les disparités de ce pays, entre le luxe des plateaux télé, le sordide interrogatoire et la misère des rues.
Tout l'intérêt du film selon moi, réside dans la découverte de ce pays où règne une immense misère. Le sort des enfants des rues est proprement dramatique et il n'est guère d'autres moyens pour s'en sortir que le vol, la mendicité et la délinquance. Le frère de Jamal choisit cette voie extrême, celle du grand banditisme, alors que Jamal tente de travailler et de s'intégrer (même s'il ne peut prétendre à grand-chose de plus que ramasse-miettes ou passeur de plateaux). Malgré ce contexte sordide, le film est emprunt d'une grande gaieté, d'optimisme et d'épisodes très drôles comme celui où les deux frères volent les chaussures des visiteurs du Taj Mahal pour les revendre dans les bidonvilles.
J'ai littéralement traîné mes deux ados voir ce film, histoire de changer de Batman, et elles ont beaucoup aimé elles aussi.
Ce film est adapté du livre de Vikas Swarup, Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint
millionnaire.
La bande annonce pour vous donner envie
Slumdog Millionaire de Danny Boyle
Avec Dev Patel, (Jamal Malik), Freida Pinto (Latika), Madhur Mittal (Salim) et des enfants de Mumbai épatants !
Durée : 2 heures – Sortie nationale : 14 janvier 2009
Malgré des avis assez divergents glanés ici et là, je me suis décidée dimanche dernier à faire quatre-vingts kilomètres pour aller voir le dernier Clint Eastwood. Et ce malgré un
souvenir très mitigé de Minuit dans le jardin du bien et du mal dans lequel j'avais trouvé les acteurs plutôt mauvais. Et comme Angelina Jolie n'a rien
pour retenir mon attention, c'était bien juste pour le grand Clint...
Los Angeles, 1928. Walter Collins, neuf ans, disparaît de son domicile sans laisser de traces. Christine Collins, sa mère, met en branle la machine policière, mais les mois passent sans aucune nouvelle. Un beau jour pourtant, on lui annonce que son fils a été retrouvé. Mais dès le premier regard, elle ne reconnaît pas celui qu'on lui présente comme son fils. Elle l'explique aux policiers qui invoquent le traumatisme de la perte et lui conseillent de laisser faire le temps. Mais le garçon qu'on lui a ramené fait huit centimètres de moins que le sien, le dentiste confirme qu'il ne s'agit pas de lui, ainsi que son institutrice. Christine Collins s'acharne pour que la police ne cesse pas les recherches mais elle fait bientôt figure d'élément gênant pour l'image de marque du Los Angeles Police Department (LAPD) qui la fait enfermer en asile psychiatrique. Elle trouve un unique soutien dans la personne d'un pasteur qui lutte contre le LAPD, devenu une véritable mafia dont les citoyens ont plus à craindre que des bandits eux-mêmes.
Je ne dirais pas qu'Angelina Jolie n'est pas une bonne actrice, mais enfin, elle ne crève pas l'écran. On devrait être bouleversé par l'histoire de cette mère qui lutte envers et contre tout pour retrouver son enfant. Dans ce rôle, sans être mauvaise, elle n'est pas vraiment convaincante, en tout cas pas émouvante. En revanche, Jeffrey Donovan est plus qu'à la hauteur dans le rôle du sale flic qui étouffe ce qui ne lui plaît pas : il est parfait de froideur et de corruption. Impeccable aussi, John Malkovich dans le rôle du pasteur. Quant à Michael Kelly (l'inspecteur qui traque un tueur d'enfants), je pense qu'il a tout simplement été catapulté des années 30 pour incarner avec une digne sobriété l'intégrité et l'obstination.
J'ai aussi beaucoup apprécié la qualité des images et des décors, j'aime particulièrement ces films pour lesquels il faut vider tout un musée d'anciennes Ford et d'archaïques téléphones.
Spoilers !
Quelques mots sur le tueur en série. Jason Butler Harner joue admirablement bien et je trouve les scènes de la ferme magnifiques, parce qu'elliptiques et effroyables à la fois. Si j'ai bien failli pleurer à un moment de ce film, c'est au moment de la pendaison, alors pourtant que meurt un type ignoble qui n'a rien pour lui.
Clairement, Clint Eastwood dit non à la corruption et au pouvoir policier. A travers ce vieux fait divers, il dénonce la toute puissance policière et la compromission en haut lieu. Face à cette gangrène toujours actuelle se dressent la vérité et l'espoir d'une femme presque seule contre tous.
C'est mélodramatique, sans pour cela être larmoyant, mais au final, je ne suis donc pas complètement convaincue par ce film dans lequel je n'ai pas retrouvé l'émotion d'un Mystic River. Angelina Jolie n'est pas une grande actrice, Clint Eastwood aurait certainement pu trouver mieux pour donner plus de force à son film.
L'excellent billet de Shin (qui m'a convaincue d'aller voir ce film) et les avis de Dasola et Anjelica
L'échange de Clint Eastwood
Avec Angelina Jolie, John Malkovich, Jeffrey Donovan...
Durée : 2h20 – Sortie nationale : 12 novembre 2008
Les participants :
Fashion ; Yueyin ; Isil ; Levraoueg ; Armande ; Keisha ; Chimère ; Pascale ; Goelen ; Yoshi73 ; Leiloona ; Cécile ; Blue Grey ; Argantel ; Emmyne ; Yohan ; Virginie; Ys ; Lau(rence) ; Lune de pluie ; Le Bookomaton ; Karine ; Bladelor ; Doriane ; Hathaway ; Stephie
Et grâce à Levraoueg, la chaîne des livres sur Netvibes !
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