Jeudi 9 juillet 2009
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Suite à ma
lecture enthousiaste de Mangez-le si vous voulez, vous avec été nombreux à me suggérer la lecture de ce roman pour me
rassasier d'histoires macabres. Et rassasiée je le suis, complètement repue même, car Teulé se laisse encore aller à son goût prononcé pour le sordide qui me plaît tant.
A partir d'une vie dont on ne sait finalement pas grand-chose, cet écrivain imaginatif nous offre un roman plein
de sang, de mort et de souffrance, un miroir de l'époque. Que la vie de François Villon ait été aussi violente qu'il nous la raconte, on ne le saura probablement jamais, mais Teulé s'empare de
tous les faits avérés ou supposés de ce destin romanesque pour broder des anecdotes toujours plus noires, voire révoltantes. Il n'est en effet pas avéré que le poète ait appartenu à la bande des
Coquillard, ces "pèlerins du Mal" qui ne connaissent que la souffrance et la mort. Au final, ce Villon est carrément antipathique, un salaud insouciant d'autrui qui n'a même pas pour
excuse d'être inculte, malheureux ou fou. Il tue et vole par plaisir, abandonne la femme qu'il aime à un viol collectif, et conduit à la mort les quelques personnes qui lui veulent du
bien.
A mille lieues de l'hagiographie, Teulé brosse un portrait noir de l'époque et de son personnage. Plus noir
peut-être que dans la réalité, mais les zones d'ombre de cette vie lui fournissent un matériau romanesque qui lui convient très bien, tant il peut à nouveau aiguiser son humour glauque qui est sa
marque de fabrique, la raison pour laquelle on le lit. Certains passages révoltants voisinent avec des scènes de comique bien crade, en particulier en compagnie de prostituées.
J'imagine bien que certains lecteurs trouveront cet humour déplacé et certaines scènes
insoutenables.
Moi je trouve que Teulé est un bon romancier, qui sait restituer l'atmosphère d'une époque, qui a travaillé son
sujet et qui ne s'embarrasse pas d'empathie ou de bienséance. Comme Sylire, Florinette, Yueyin ou Liliba, j'ai été prise dans ce roman fascinant et violent.
Un téléfilm vient d'être tourné, adapté de ce roman : Je François Villon, assassin, voleur, poète de
Serge Meynard : sera-t-il aussi radical que Jeau Teulé (je ne le saurai pas, je n'ai pas la télé...) ? Avec Francis Renaud, Philippe Nahon, Patrick Lizana, Sagamore Stévenin...
Je, François Villon
3.5
Jean Teulé
Julliard, 2006
ISBN : 2-260-01683-9 - 415 pages - 20 €
Par Yspaddaden
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