Mercredi 10 juin 2009

Un recueil de nouvelles, de surcroît mexicain... rien pour a priori retenir mon attention si ce n'est cette magnifique couverture due au talent de Nicoletta Ceccoli, et à la proposition de Leiloona de faire voyager ce livre.

Un recueil sous-titré "et autres histoires embarrassantes" et c'est le moins que l'on puisse dire car ces textes sont vraiment étranges. On y croise un photographe obnubilé par les paupières d'une femme ("Ptôse"), une voyeuse qui observe un homme se masturbant dans sa cuisine lors d'un rendrez-vous amoureux ("Transpersienne"), un homme-cactus, une adolescente en quête de la Véritable Solitude, bref, des gens pas simples dont la psychologie alambiquée aurait pu me plaire.
Mais j'ai traîné ce livre bien longtemps, lisant une nouvelle par-ci par-là sans véritable envie d'y revenir parce que malgré le Mexique, qu'est-ce qu'il est glacial ce recueil ! J'aime bien les dingues en règle générale, mais ceux-là me sont restés tout à fait étrangers. Jamais ils n'extériorisent, jamais ils ne pètent les plombs, toutes ces obsessions et perversités restant refoulées dans le silence. Et le narrateur de la nouvelle éponyme n'a pas réussi à me convaincre, lui qui cherche "les souillures et les odeurs" des femmes dans les toilettes publiques... non mais je vous jure, il y en a des tarés !


Bien des billets sur ce recueil ont fait le lien avec l'écriture de Yoko Ogawa. Et compte tenu de ma triste expérience avec cette écrivain japonaise, je ne peux que confirmer : ces textes n'ont de mexicain que leur auteur, l'ambiance est infiniment plus nippone.

Finalement de ce livre, je n'aime que la couverture. Si comme moi vous appréciez le graphisme de cette illustratrice, voici son site et un autre aperçu de son talent.


Au vu de cette couverture, j'imaginais quelque chose de beaucoup plus onirique et fantasmagorique, un brin fantastique peut-être, des textes qui sondent les âmes à travers la folie quotidienne et le rêve.

Les avis de Fashion,
Sentinelle, VirginieIsa et Leiloona que je remercie pour ce prêt.

Pétales et autres histoires embarrassantes

2.5

Guadalupe Nettel traduite de l'espagnol par Delphine Valentin

Actes Sud, 2009

ISBN : 978-2-7427-8218-5 - 141 pages - 15 €

 

Pétalos y otras historias incomodas, parution au Mexique : 2008

Par Yspaddaden - Publié dans : A discuter
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Lundi 8 juin 2009
Si un jour Erzebeth se propose de vous prêter un DVD : dites oui. Même si bon, le DVD en question est... euh...bon... voilà, même s'il n'est pas vraiment dans vos cordes, quand c'est proposé avec enthousiasme et gentillesse, il faut accepter, non ? Parce que ça serait quand même dommage de laisser penser à une si charmante blogueuse qu'elle a mauvais goût (même si j'en connais qui n'ont pas hésité à... - Isil, c'est mal !).
Bon, voici le DVD en question (on ne rit pas !) :
Eh bien oui, moi aussi j'ai un coeur, non mais, et Erzebeth le sait bien !

Mais alors ce chef d'oeuvre du septième art m'est arrivé ce matin, jour de congé, dans un paquet beaucoup trop gros pour être honnête, un paquet qui laissait supposer que décidément, le lundi, c'est mon jour de chance ! Alors attention les yeux, cardiaques asseyez-vous, parce que moi, je ne m'en suis pas encore remise !

Eh oui, on a déjà discuté Tim Burton avec Erzebeth, mais alors là, je ne m'y attendais pas. Je suis tombée sur le cul en voyant le marque page, mais alors quand j'ai déballé la tasse (parvenue en un seul morceau !), il a fallu les sels pour me réanimer ! Sweeney Todd, c'est mon film préféré, au point que je n'adresse plus la parole aux gens qui ne l'ont pas vu. Je connais la B.O. par coeur (à fond dans ma petite voiture !), j'ai l'affiche du film dans mon bureau et un tee shirt ensanglanté proclamant : There is no place like London (promis, je le mets au prochain pique-nique). J'ai aussi un mug Mrs. Lovett, eh oui, avec son enseigne, mais alors ce mug-là, je VEUX qu'on m'enterre avec !

Et bien que je ne doute pas de votre bon goût à tous (je sais que comme moi, vous l'avez vu dix fois ce film, comment pourrait-il en être autrement...), je ne mets cette vidéo que pour vous rappeler de magnifiques émotions cinématographiques


Ah, j'adore cette scène ! Et celle-là aussi. En fait, j'adore ce film ! (non, je ne vous prêterai pas le DVD, je dors avec toutes les nuits !). Ci-dessous, Mrs.Lovett et Mr.T. choisissent leurs victimes, pesant le pour et le contre de chaque classe sociale :


"I'll come again when you have judge on the menu" !. Je sens que je suis bonne pour le regarder à nouveau cet après-midi !

Ah Erzebeth, comment te remercier !?  Je suis aux anges,  encore toute fébrile à me demander ce que j'ai fait pour mériter  ça...  Je te promets d'aimer Love Actually (ou de faire si bien semblant que tu ne verras pas la différence !), de lire Le château de sable et d'entamer enfin ma découverte d'Henry Bauchau. Mille mercis vraiment, je suis très touchée.

Oh, tell me why I do like mondays !

Par Yspaddaden - Publié dans : Le blog et la blogueuse
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Dimanche 7 juin 2009

L’histoire de ce sombre roman vous est certainement déjà connue : Jean Teulé ayant le sens de la promotion, je l’ai moi-même déjà entendu plusieurs fois la raconter, et il sait être convaincant. Je me suis donc plongée dans ce livre, qu’on qualifierait de morbide, incroyable, dément s'il ne racontait des faits réels. Malheureusement, la folie des hommes n’a pas de limites, même pas celles de l’imagination.

 

Par un beau jour d’août 1870, Alain de Moneys se rend à la foire d’Hautefaye, Périgord. Fraîchement élu adjoint de la municipalité voisine, cet homme est un don de Dieu pour ses contemporains et voisins. D’ailleurs, il se rend à la foire en partie pour offrir une génisse à son indigente voisine et pour faire remonter le toit de son voisin brûlé par la foudre. Tout le monde l’apprécie, en chemin chacun le salue : « une bien belle journée » qui commence… Mais à la suite d’un malentendu, on croit qu’il a crié « A bas la France ! ». En cette période de guerre franco prussienne, c’est un crime, et le destin fatal se met en route. De Moneys a beau répéter qu’il s’est engagé, qu’il part défendre le pays dans trois jours alors même qu’il aurait dû être réformé, rien n’y fait. Ils sont cinq à garder la tête froide, cinq à le défendre tout au long de son chemin de croix, à tenter de le sauver, de l’arracher aux bras de la foule. Mais en ce jour de foire, c’est plus de six cents personnes qui se trouvent présentes à Hautefaye, toutes saisies de folie, de haine ou d’indifférence. Et Alain de Moneys, pourtant si faible de constitution, supportera pendant deux heures, les coups et les souffrances que ses voisins inventeront pour lui : ferré, énucléé, écartelé à force d’homme, brûlé vif et même mangé…

 

Cette histoire est absolument atroce et Jean Teulé n’épargne aucun détail. Son goût du macabre trouve là un sujet en or qu’il traite, non pas avec sobriété, c’eut été impossible, mais avec une minutie et une intensité tragiques qui laissent pourtant parfois place à un certain humour. Je craignais les pointes d’humour macabre ou les envolées vulgaires qu’il goûte malheureusement parfois. Mais non, l’histoire romancée, s’en tient aux faits. Pas de psychologie non plus, de théorie des masses pour expliquer la folie collective, mais en fin de roman, le défilé des bourreaux qui ne peuvent expliquer leurs gestes, anéantis comme au sortir d’un cauchemar. Bien sûr, le thème de la victime expiatoire affleure car en ces temps de guerre et de famine, la foule a besoin de trouver un responsable. C'est le Prussien ou celui que leur aveuglement veut prendre pour tel.

Je n'aurai pas le cynisme de dire qu'on passe un bon moment en lisant ce livre. Mais j'ai apprécié la façon dont Jean Teulé présente cette histoire et envié son travail de recherches qui a dû être passionnant. C'est à ce jour le livre de cet auteur que je préfère.


De Jean Teulé sur ce blog : Le magasin des suicides, Le Montespan


Mangez-le si vous voulez  

 

Jean Teulé

Julliard, 2009

ISBN : 978-2-260-01772-1 - 129 pages - 17 €

Par Yspaddaden - Publié dans : A lire
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Jeudi 4 juin 2009

La maladie d'Alzheimer : un sujet grave, voire plombé, susceptible de tomber dans le tire-larmes au moindre excès de pathos. Pas un livre pour moi a priori. Et pourtant, j'ai bien fait de m'intéresser au premier livre de ce jeune auteur américain de vingt-six ans qui parvient à éviter tous les écueils, introduisant même quelques notes de légèreté dans son histoire très habilement menée.

Trois voix se partagent le récit : celle d'Abel qui raconte son histoire des années 50 à nos jours ; celle de Seth, adolescent de quinze ans dont la mère souffre d'une forme rare de la maladie : la variante EOA-23 de l'Alzheimer familial à début précoce ; et les bribes d'une histoire enchantée, celle du royaume d'Isidora, que les victimes de cette maladie se racontent depuis très longtemps.
On ne sait pas au départ quels liens lient Abel et Seth, ce n'est que progressivement et habilement que l'auteur sème des indices qui permettent au lecteur de tisser la toile de cette belle et tragique histoire familiale. Seth est le principal artisan de cette chronique, lui qui cherche à comprendre comment se transmet le gène coupable. Le nez dans les livres puis, en menant sa propre enquête auprès des malades et de leurs proches, il comprend que tous descendent d'un seul et unique personnage, Alban Mapplethorpe, une aberration de la Nature, fruit d'un triste hasard. Sur un ton humoristique, Stefan Merrill Block nous conte les multiples aventures amoureuses de ce lord malheureusement très prolifique en rejetons. Il pouvait d'un jour sur l'autre promettre ciel et terre à la même femme que la veille, et jurer sans mentir qu'il n'en avait jamais culbuté d'autres. Certains de ses enfants illégitimes héritèrent du gène dénaturé, d'autres pas. Sa descendance s'éparpilla aux quatre coins du monde, jusqu'aux Etat Unis et à la famille de Seth. Mais avant de remonter si loin dans sa généalogie, le jeune garçon doit en apprendre plus sur sa propre mère qui n'a jamais parlé de sa jeunesse, pas même à son mari.
Quant à la vie de Seth, elle a tourné autour de son unique amour, celui qu'il voua à Mae, la femme de son frère Paul. Lui Seth le difforme, le bossu, n'a jamais cessé d'aimer cette femme que son mari n'honorait pas, jusqu'à lui faire un enfant alors que celui-ci était à l'armée.
Peu à peu les liens se tissent, l'histoire de la maladie se dessine et les personnages s'animent d'une ampleur saisissante. Alors qu'ils sont des gens comme tout le monde, le jeune Seth et le vieil Abel gagnent par leur force de caractère un statut de héros tout en restant humbles et humains.

J'ai beaucoup apprécié que l'auteur ne profite pas de situations dramatiques pour faire pleurer son lecteur avec des scènes insupportables de déchéance. Certaines sont assez dures, mais d'une grande dignité et j'ai envie de citer un passage assez long qui traduit bien à mon avis le registre subtil de cet auteur. Seth se rend chez un homme qu'il ne connaît pas porteur de la maladie. En entrant, cet homme lui remet une feuille sur lequel il a écrit :

Bonjour. Je m'appelle Conrad Hamner. Merci pour votre visite. Je sais que ça peut sembler terriblement ridicule et collet monté, mais je demande à tous mes visiteurs de remplir ce questionnaire. En juillet 1996, on a diagnostiqué chez moi une anomalie génétique rare : l'Alzheimer familial. Ma mémoire étant affectée, veuillez me pardonner mes étranges remarques et ne pas vous vexer si j'oublie complètement qui vous êtes. La conversation devenant de plus en plus difficile pour moi, je garderai sous mes yeux cette fiche pendant notre conversation, afin que nous puissions communiquer au maximum de mes capacités. Au cas où vous décideriez de revenir me voir, je conserverai ce document afin que toute trace de notre contact ne s'efface pas. Je suis heureux de vous rencontrer et vous remercie de votre compréhension."

 

Je trouve absolument bouleversante la façon dont Merrill Block parvient à traduire le désespoir de cet homme conscient de sa déchéance et qui essaie de garder sa dignité. Comment faire comprendre qu'on n'est pas gâteux, ni fou, qu'on a encore un cerveau en état de marche et qu'on peut communiquer avec autrui si chacun fait un effort...
Et tout le livre est comme ça : digne et poignant. Et comme en plus il est habilement construit, je suis sûre que nous avons là un auteur qui n'a pas fini de faire parler de lui.

A part chez 
Cathulu je n'ai pas lu grand-chose à propos de ce roman sur la blogosphère, je me propose donc de le faire voyager afin de vous le faire découvrir, et j'espère, apprécier.


L'histoire de l'oubli
4

Stefan Merrill Block traduit de l'anglais (américain) par Valérie Malfoy

Albin Michel, 2009

ISBN : 978-2-226-19062-8 - 361 pages - 20 €

The Story of Forgetting, parution aux Etats Unis : 2008

Par Yspaddaden - Publié dans : A lire
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Mardi 2 juin 2009
J'ai une règle d'or dans la vie, oui, une seule, et je m'en vais vous expliquer pourquoi elle va devenir la vôtre...

Je me promenais un jour par hasard sur la blogosphère, et je tombe, toujours par hasard, sur un billet de Fashion qui nous présente ses PIF. Mais si, vous savez, toutes ces petites merveilles que les blogueuses aux doigts de fées font elles-mêmes et offrent à d'autres blogueuses. Alors moi je m'émerveille parce que voyez-vous, je sais de façon innée que mes pauvres doigts ne peuvent rien faire de tel, je ne sais même pas coudre un bouton, tenez d'ailleurs, je n'ai même jamais essayé !
J'écris donc à Fashion tout le bien que je pense de ses cadeaux. Et je lis aussi ses tags sur son billet. Voilà, c'est ça ma règle d'or : toujours lire les tags des billets de Fashion (elle devrait d'ailleurs songer à en publier une anthologie, histoire de lutter contre la morosité ambiante). Et que disaient-ils ces tags : "la couture c'est sympa, d'ailleurs il me reste plein de tissus tiens, si je faisais des slats en série". Eh oui, vous ne rêvez pas ! Et si vous les aviez lus comme moi ses tags, vous ne vous seriez pas mis sur les rangs ? (Et heureusement finalement, sinon elle n'aurait plus qu'à ouvrir un atelier clandestin dans sa cave, la pauvre !). C'est donc ce que j'ai fait et aujourd'hui, voilà :

Vous voyez ce magnifique SLAT ? Il est à MOI ! Oui, un superbe SLAT avec des coeurs partout, fait spécialement pour moi, parce que moi aussi, j'ai un petit coeur qui bat, une petite âme de midinette (définition : jeune citadine aus idées naïves et romanesques !!!) enfouie sous des couches de mauvaise foi. Vous me reconnaîtrez donc désormais quand vous me rencontrerez dans la rue chers amis blogueurs. Car ce sac ne me quittera plus, assez grand pour contenir tout mon barda qu'il est indispensable que je trimballe en plus de mon sac à main (livres, bien sûr, magazines, petits carnets, dossiers ceci, chemises machins...).

Alors ma chère Fashion un grand merci, j'en suis encore toute émotionnée... Quand je pense au temps qu'il m'aurait fallu pour confectionner une telle chose, j'en suis baba. Bon bien sûr, je ne doute pas que tu sois beaucoup plus habile que moi, à commencer par le fait que je n'ai pas de machine à coudre (non, âmes généreuses, pas la peine de vous cotiser, je n'en veux pas !). Donc, je promets ici solennellement de ne plus dire de mal de Colin Firth, de lire et d'apprécier toutes les enquêtes d'Alan Banks sans barguigner et de ne plus faire de fautes d'orthographe (c'est ça qui va être le plus difficile !).

Et j'espère que le dieu d'Over Blog t'accordera bientôt sa bénédiction et te permettra de poster à nouveau des commentaires ici (mais AOL, c'est la préhistoire, non ?), parce qu'il est bien possible que les commandes affluent ci-dessous !
Par Yspaddaden - Publié dans : Le blog et la blogueuse
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Lundi 1 juin 2009

"C'est une vérité universellement reconnue qu'un célibataire pourvu d'une belle fortune doit avoir envie de se marier, et, si peu que l'on sache de son sentiment à cet égard, lorsqu'il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l'esprit de ses voisins qu'ils le considèrent sur-le-champ comme la propriété légitime de l'une ou l'autre de leurs filles." Et justement, Mr et Mrs. Bennet ont cinq filles à caser, rien de moins, alors ça serait pas mal que le beau, célibataire et riche Mr. Bingley en adopte épouse une. Jane, Elizabeth, Kitty, peu importe en fait, la foire est ouverte, suffit de se servir !
Et puis comme vous savez tou(te)s que mariages il y aura, pas la peine de ménager le suspens. La grande histoire, c'est le mariage, avec qui, quand, dans combien de temps. Combien de livres de rente est la question préliminaire à tout engagement, juste avant l'ancienneté de la famille et le nombre de voitures. Heureusement pour elles, les filles Bennet vont s'en sortir en imposant leurs sentiments et préférences, à force de patience ou sur un coup de tête, c'est selon.

Et pour ne pas vous infliger un énième résumé de ce roman tant plébiscité, je vous donnerai plutôt mes impressions moins littéraires que sociales. Car enfin, ce roman est avant tout une peinture extrêmement intéressante de la vie de familles plus ou moins riches de la bonne société anglaise au tournant des XVIIIe et XIXe siècles. Rien d'autres à faire pour ces jeunes filles que de se préoccuper de leur futur mariage, tout est là, le moindre geste, la moindre allusion tourne autour du futur mari. Consciemment, ces demoiselles se fabriquent un avenir d'ennui irréversible.
"...sans se faire une très haute idée des hommes, Charlotte Lucas avait toujours eu la vocation et le désir de se marier. Elle voyait dans le mariage la seule situation convenable pour une femme d'éducation distinguée et de fortune modeste, car, il mettait à l'abri des difficultés matérielles." Mais elles avaient intérêt de se marier le plus tard possible, parce qu'après finie la rigolade : casée, mariée, plus de plans sur l'avenir, plus d'angoisse, le vide sidéral de la vie dans la bonne société.  
Heureusement, Jane Austen manie l'humour à la perfection et ne manque pas de souligner les absurdités de certaines relations. J'aime beaucoup les conversations entre les époux Bennet, et le portrait de Sa Grâce est également particulièrement délectable.

Et Darcy, me direz-vous ! Je vais ménager mes éloges au personnage pour lequel je n'ai pas eu le coup de coeur de certaines, pour vous toucher quelques mots d'une de ses incarnations à l'écran. Ayant reçu le DVD dans le cadre du
swap Saint Vanletin, j'ai en effet regardé le film de Joe Wright dans la foulée. C'était, me semble-t-il, la première fois que je voyais un film avec Keira Knightley : elle est tout simplement adorable. Elle a une façon de sourire en fronçant le nez tout à fait irrésistible, j'en avais un mari tout retourné (eh oui, Mr. Ys a regardé ce film avec moi, de son plein gré et en est ressorti fort satisfait - je pense que le charme de Keira Knightley y est pour bien plus que celui de Jane Austen...). Mais alors Mr. Darcy, franchement, il est fade. D'abord, il a un grand nez, et en plein milieu de la figure en plus. Il a le charisme d'un âne ayant passé l'hiver au champ et son ultime apparition, manteau au vent, jaillissant du brouillard, la chemise ouverte sur un poitrail tout poilu, bof, j'ai déjà vu mieux.
Je n'ai bien sûr vu aucune autre adaptation de ce roman, je ne sais ce que valent les autres, mais comme c'est souvent le cas, j'ai trouvé que bien des épisodes étaient écourtés, même si le film dure plus de deux heures. Difficile de comprendre l'évolution d'Elizabeth, tout va si vite, en particulier la fuite de Lydia. J'ai été bien déçue par Mr. Collins que j'ai trouvé si prétentieusement ridicule dans le roman, l'excellent portrait d'un homme qui pour se faire une place en société est prêt à toutes les bassesses, malheureusement presque escamoté dans le film.
Bref, à part l'actrice principale, j'ai trouvé le film assez fade, même s'il permet de mieux entrevoir la grande différence sociale entre Elizabeth et Darcy (poussée même au-delà du crédible vu que les cochons vivent quasiment dans la maison des Bennet !).

Voilà où j'en étais de mes modestes réflexions sur le phénomène quand Hydromielle a publié son billet sur la série BBC. Le lendemain du jour où j'ai vu le film de Joe Wright, c'est traître quand même, d'autant plus qu'elle y estime la série bien supérieure au film. J'en étais bien chagrinée croyez-moi. Mais Hydromielle, touchée par mon désappointement (et le niveau déplorable de ma culture austenienne, mais ça, elle ne l'a pas dit !) m'a proposé de m'envoyer ladite série. J'étais si enchantée de sa proposition que j'ai regardé les six épisodes d'un coup, dès réception (vivent les jours fériés !). Et, comment dire... heureusement qu'il pleuvait dehors, mon enthousiasme reste très très modéré.
Sans aucun doute, la version en six épisodes est la durée qu'il faut pour adapter un tel texte : les événements sont tous rapportés, ils s'enchaînent logiquement et les personnages ont le temps nécessaire à leur évolution. Décors, costumes et réalisme social sont certainement dans cette série beaucoup plus près de ce qu'ils pouvaient être à l'époque de Jane Austen et c'est un grand avantage sur le film.
Mais alors les acteurs, là vraiment, j'ai eu du mal. Jennifer Ehle est fade, je la trouve inexpressive, mais ce n'est rien comparé à Jane (Sussanah Harker) qui est parfaitement tarte, je ne vois pas d'autre mot, et qui en cela s'accorde avec Bingley (Crispin Bonham Carter - un lien avec Mrs. Burton ?), qui porte un sourire niais d'un bout à l'autre. Elle est bonne, sage, patiente et tout ce qu'on voudra d'abnégation (elle me rappelle énormément Mélanie dans Autant en emporte le vent) et ça m'agace rapidement. J'ai trouvé convaincants les parents Bennet (avec un accessit particulier à Mr. Bennet (Benjamin Whitrow) dont décidément j'aime beaucoup l'humour) et Mr. Collins (David Bamber), qui est aussi onctueux et ridicule que dans le roman.
Je me sens un peu obligée de dire quelque chose de Mr.Darcy, mais je me désole d'avance de l'inimitié que mon avis ne manquera pas de provoquer... C'était la première fois que je voyais Colin Firth à l'écran et j'en attendais beaucoup, forcément. J'ai bien vu la chemise mouillée (d'ailleurs, comment les puristes d'Austen peuvent-elles apprécier cette scène qui ne figure pas dans le roman, hein ? Ne serait-ce pas la une concession du réalisateur qui entendait bien ainsi titiller la gente féminine ?). J'ai admiré ses talents de cavalier (ah, galoper avec un chapeau haut de forme !). Et je crois bien que c'est tout : il est clair que je n'encombrerai pas le ban des fans...
Merci encore mille fois Hydromielle de m'avoir permis de voir cette série, je suis très contente de m'être fait mon propre avis.

L'année 2009 ayant été déclarée austenienne, me voilà satisfaite d'avoir apporté ma modeste contribution à la blogosphère. Je ne participerai pas au
challenge en cours sous peine de faire une indigestion de jeunes filles à marier, mais j'ai apprécié ma lecture plus que je ne m'y attendais. L'histoire d'amour n'a guère séduit mon coeur endurci, mais je retiens particulière une peinture sociale sans concession et un humour tout à fait réjouissant.

Je manque de courage au moment de faire les liens vers ce roman (et ses adaptations) et vous renvoie donc vers BOB qui fait ça très bien !

Orgueil et préjugés
4
Jane Austen, traduite par V. Leconte & Ch. Pressoir
10/18, 1982
ISBN : 978-2-264-02382-7 - 379 pages - 7,40 €

Pride and Prejudice, parution en Grande Bretagne : 1813

Par Yspaddaden - Publié dans : A lire
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Samedi 30 mai 2009

Bienvenue dans la famille Fisher, croque-morts de père en fils. Le père mourant dans l'épisode pilote, ce sont les fils qui vont devoir se débrouiller avec l'entreprise familiale.
Pour Dave (Michael C. Hall - "Dexter") qui n'a jamais rien fait d'autre, c'est simple, mais pour Nate (Peter Krause - "The Lost Room"), le beau gosse qui profite de la vie loin du nid étouffant, c'est autre chose. Il rentre en Californie et va devoir se mettre au boulot, pas simple.
Mais de toute façon, rien n'est simple chez les Fisher. La cadette, Claire (Lauren Ambrose), est une jeune fille à part que le métier de ses parents met en marge de ses camarades. Elle est secrète, renfermée, limite asociale. Son premier amour, Gabe (Eric Balfour), est plutôt mal choisi : petit dealer, tête de con, il se joue d'elle et de son attachement. Ruth (Frances Conroy), la mère, a l'air tout ce qu'il y a de plus respectable : la messe le dimanche, ballerines-chaussettes et chemisiers top ringards boutonnées jusqu'au kiki. Oui mais voilà, elle apprend à ses enfants qu'un an avant la mort de son mari, elle avait déjà un amant, son coiffeur (Ed Begley Jr.). Et pour bien faire, elle veut travailler, voir si l'air est meilleur loin des cercueils. Moins fier, Dave ne parvient pas à avouer aux autres qu'il est homosexuel. Malgré une relation épanouissante avec Keith (Matthew St Patrick), le superbe flic noir taillé comme une armoire et aussi apaisant que bienveillant, il n'arrive pas à s'accepter et ne tarde pas à péter les plombs en multipliant les relations d'un jour. On pourrait croire que pour Nate, beau comme un dieu, tout est plus simple. Erreur car le malheureux est tombé sur la fille la plus compliquée qui soit, Brenda (Rachel Griffiths). Fille ultra brillante de parents psychanalystes, elle ne se sort pas de la relation très fusionnelle avec son frère Billy (Jeremy Sisto), une gueule d'ange mais un taré puissance dix.



Les thèmes principaux : le sexe et la mort. Comment, quand on est dans la mort depuis des générations, peut-on envisager la vie comme les autres ? Ils ont tous vécu dans une ambiance feutrée, austère, toujours en retenue car les expositions de défunts se font dans leur propre maison. Toujours à respecter, à ne pas froisser les familles... frustrations et refoulements assurés, crises prévisibles en cas de difficultés. A ne pas vivre sa vie mais la mort des autres, on en vient à ne plus être au monde, à se mettre en marge. La sexualité est aussi au coeur des épisodes avec Dave l'homosexuel, Ruth, la mère, la soixantaine bien tassée qui multiplie les conquêtes après la mort de son mari, Claire qui ne se livre pas aux relations d'une nuit comme son amie Parker.

Tout ce beau monde a des hallucinations : les morts leur parlent, Nathanael Fisher Sr au début très souvent, mais aussi ceux dont ils s'occupent qui les poussent à s'interroger et à se remettrent en cause.

Alors attention : humour très noir en perspective. L'épisode pilote donne bien le ton, avec des flashs publicitaires pour pompes funèbres vraiment hilarants, qui malheureusement ne continuent pas ensuite. Chaque épisode commence pas le décès d'une personne dont les Fisher vont devoir s'occuper ensuite. C'est parfois très drôle (comme avec la star de films pornos), cocasse (cf. le boulanger broyé par les pales de son pétrin mécanique) et parfois absolument tragique (notamment l'épisode qui débute par la mort subite d'un nourrisson). Chaque décès amène les protagonistes à s'interroger sur eux-mêmes, parfois beaucoup plus personnellement qu'ils ne le souhaiteraient (cf. l'épisode où le mort est un jeune homosexuel tabassé dans la rue).
Mais il n'y a pas que ça. Notamment à travers les personnages de Dave, Claire et les parents de Brenda, la série interroge la société américaine, son système éducatif, son intolérance, sa religion. Quelle terrible scène que celle où, lors des funérailles du jeune homosexuel tabassé, des manifestants brandissent des pancartes "Gods Wrath on Fags" (la colère de Dieu sur les pédés) ! Ils vont tous à l'église, même si, pour certains, il s'agit plus de sauver les apparences.

Quelques mots sur les acteurs qui sont absolument excellents. Au début, c'était incontestablement Nate mon préféré, le beau Nate, cool, simple, sympa. Il arrive, il est là, il est beau. C'est bien. Mais Dave a un rôle beaucoup plus riche et complexe et a pris peu à peu l'ascendant sur Nate. Il est torturé Dave, il en fait trop. Il voudrait trouver sa place dans la société mais il veut aussi assumer son homosexualité. Peu à peu, Dave n'est plus le personnage bien poli et cravaté du début, il prend énormément d'ampleur grâce à un Michael C. Hall tout à fait remarquable.
J'aime aussi beaucoup le personnage de Ruth, la mère qui commence par être une coincée de première puis se libère et se dévoile peu à peu. Elle est drôle parce qu'elle reste prisonnière de ses principes alors que ses désirs la poussent vers la transgression. Alors qu'elle a toujours été mère avant tout, elle se revendique femme, et la voilà assaillie par les faveurs de deux hommes, au demeurant très différents. Brenda m'énerve passablement mais son frère me plaît bien, complètement allumé, beau et dangereux, beaucoup de potentiel ! Quant à Claire, c'est une très jolie rousse au visage très expressif, souvent dubitatif et ses mimiques sont craquantes. Et j'aime bien Rico aussi, l'employé des Fisher : pas de prise de tête, s'il y en a un qui a l'air sain dans cette série, c'est bien lui !


Bon allez, vous en prenez pour 5 saisons, 63 épisodes diffusés entre 2001 et 2005 aux Etats-Unis. Et si vous avez encore un doute sur la qualité de cette série, sachez qu'elle s'est classée deuxième lors de "L'odyssée des séries 2000's" organisée par Thom, dont le classement se trouve ici.

Le site de la série

Par Yspaddaden - Publié dans : Séries
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Jeudi 28 mai 2009

Autant commencer par là : j'ai acheté ce livre pour le titre. Un petit déjeuner avec Mick, mon dieu quel fantasme ! Cet homme-là n'est pas loin de représenter à mes yeux l'essence même du charme, je sais, je me fais toujours moquer, mais que voulez-vous, chacun ses faiblesses...

J'embarquais donc pour quelque chose de léger, quelque fantasme féminin que j'étais toute prête à partager. Mais il n'est absolument pas question de légèreté ici, c'est même l'inverse, puisque l'adolescente narratrice (puis adulte qui revient sur son passé) est vraiment perturbée. Agression sexuelle à l'âge de huit ans, dépression de la mère qui passe son temps à dormir en maison de repos, solitude précoce à cause d'un père absent : tout ce qu'il faut pour que Nathalie connaisse les psychanalystes, multiplie les maris et fasse de sa vie sexuelle un désastre. Alors Mick, c'est l'homme, celui du rêve, celui qui viendra, celui qui est forcément parfait : "parce que Mick est un chanteur célèbre et qu'il m'aurait élévée au rang de chose abstraite. Je rêvais de ne plus exister, et qui mieux que lui m'aurait arrachée à mon existence ?".

Construit sur un jeu de voix de cette femme à des âges différents, ce roman flirte avec l'autofiction, ce personnage portant le nom de l'auteur. Mais il met surtout en scène une adolescente perturbée, en décalage avec les autres et qui se plaît à provoquer par la vulgarité.

J'avoue que j'ai eu du mal à y trouver intérêt. Ses mantras provocateurs ("pipe pipe pipe pipe" est sa seule réponse à son psychiatre) m'ont rapidement lassée. Le côté groupie aveugle et bête m'a touchée par contre, tant on peut devenir idiote et perdre tout sens commun pour un être fantasmé, aussi vivant soit-il. Mais ça n'a pas suffi, je n'aime pas ce genre d'écriture, sèche, souvent provocatrice.

Une vidéo de Nathalie Kuperman qui explique la genèse du livre et l'aspect autofictif.



Allez, on finit sur un petit fantasme personnel...


L'avis de Clarabel



Petit déjeuner avec Mick Jagger

 

Nathalie Kuperman, L'Olivier (Figures libres), 2008

ISBN : 978-2-87929-621-0 - 120 pages - 14 €

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Lundi 25 mai 2009

Un auteur américain d'origine danoise pour une intrigue irlandaise qui touche à l'enquête, au thriller et au suspense psychologique. D'emblée, c'est dense, fort et très noir.
Tout commence à Malahide, banlieue de Dublin, lorsqu'un facteur trouve le corps d'une femme assassinée chez elle, probablement par une des filles qu'on retrouve ensuite à l'étage, mortes de faim, de coups et de privations... Le quartier est en ébullition, personne ne comprend rien à ces morts. Le jeune Niall, dessinateur et employé des postes en perpétuel conflit de création, ne tarde pas à découvrir le journal d'une des jeunes filles décédée, Fiona Walsh (il entrera plus tard en possession de celui de sa soeur qui complétera l'histoire) : c'est donc l'histoire des trois soeurs Walsh et de leur tante Moira, leur bourreau, qui forme l'intrigue principale et captivante de ce roman.

Elles vivent de nos jours dans un trou perdu du comté de Cork. Les jours maussades des habitants de Castlebownbere sont tout à coup illuminés par la venue d'un seanchai (un conteur itinérant), Jim Quick, qui envoûte littéralement la population de son verbe et de son charme. En un sourire, à peine un regard, les habitantes sont envoûtées, de la plus jeune des pucelles à la plus vieille des bigotes. Et s'il n'y avait que les femmes... Mais les hommes non plus ne lui résistent pas, tous suspendus à ses lèvres quand il raconte, de pub en pub, la sombre histoire du prince Euan qui fut changé en loup pour avoir tué son frère et usurpé son trône. Jim est si fascinant que personne ne souhaite faire le lien entre son arrivée et les meurtres qui s'accumulent dans la région. Et pourtant, "vous devez comprendre que ces conteurs vous dévoilent tout, sauf ce qu'ils dissimulent en eux. Ils gagnent votre confiance et vous donnent l'impression que chaque histoire est inventée pour vous, et vous seule. Vous ne devez pas les croire."
Fiona ne s'est pas méfiée, trop fière d'être l'objet de l'attention de cet homme tant convoité. Une nuit inoubliable, et c'est l'amour fou. Mais elle le surprend une nuit lors d'un cambriolage et comprend dès lors quel genre d'homme il est. Elle va même trouver des preuves de sa culpabilité, mais personne ne souhaite l'écouter. Encore moins sa tante Moira, à ce point envoûtée par Jim qu'elle le laisse s'installer chez elle et accepte même de l'épouser.

Ce livre commençant par la fin de l'histoire, on pourrait croire qu'on ne pourra pas être surpris. Oui, deux au moins des soeurs Walsh vont mourir, séquestrées par leur tante, morte elle aussi. Et pourtant, quelle histoire ! Loin des clichés irlandais venteux et arriérés, le lecteur prend pied dans un pays moderne avec des jeunes femmes aux caractères originaux et très tranchés ("la gothique fondue de radio..., la jumelle insaisissable..., l'aînée protectrice..."). Elles écrivent leur histoire avec la certitude inexorable de la mort toute proche, aussi captivante et implacable que Jim racontant le destin de l'homme loup dominé par ses instincts. Le lecteur est rapidement emporté par ce récit, il s'interroge, cherchant à comprendre pourquoi, comment ces femmes sont mortes, pourquoi cette tante qui a amoureusement élevé ses nièces en est venue à les faire mourir à petit feu.
C'est absolument implacable, sordide, tout en échappant au gore et à la psychologie de supermarché. Une histoire de passion et de violence avec des personnages d'une grande envergure et un sens du suspens irrésistible. On tourne les pages, on veut savoir, on ronge son frein quand le jeune Niall, après avoir fini le premier journal, part sans un sou à la recherche de la vérité à Castlebownbere. L'histoire de Niall, le journal de Fiona puis celui de Roisin, le mélange d'Irlande moderne et de conte celtique confèrent à ce roman un rythme et un charme qui ne faiblissent jamais. Le conteur à la beauté malfaisante, la tante diabolique, les soeurs si dynamiques : tous les personnages sont convaincants, vivants, qu'on les aime ou pas, ils sont présents au côté du lecteur qui veut savoir quelle folie les a saisis.

Ce livre ferait à mon avis un excellent scénario de film, mais pour l'instant, on se contente de la bande annonce




Ce roman initie une collection de romans noirs au Serpent à plumes : espérons qu'ils seront tous aussi bons.


Merci à
Yvon qui m'a donné envie de lire ce livre, et à Lily qui a enchéri.

Darling Jim
4

Christian Mørk traduit de l'américain par Agnès Jaubert
Le Serpent à plumes (Roman noir), 2009
ISBN : 978-2-268-06801-5 - 382 pages - 20 €

Darling Jim, parution aux Etats Unis : 2007

Par Yspaddaden - Publié dans : A lire
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Vendredi 22 mai 2009

Un récent billet tentateur  m'a fait, une fois de plus, mesurer l'entendue de mon ignorance : la dix-huitième enquête de l'inspecteur Banks, et moi je ne le connais même pas ! Et Manu qui en rajoute peu de temps après : aucun doute, il me fallait découvrir cette série.
Quelques mots suffiront à résumer ma déception : tout ça pour ça ! Oui, j'ai été déçue. Déçue par cette intrigue sans surprise, cette histoire qui s'étire et cet inspecteur qui n'a à mes yeux pas grand-chose de plus que les autres.

L'inspecteur Alan Banks vient d'arriver à Eastvale après quelques années de service bien remplies à Londres. Lever le pied, profiter de sa petite famille, voilà ce à quoi il aspire. Mais la province anglaise n'est pas aussi tranquille qu'elle en a l'air, pullulante de pervers, de délinquants et autres assassins et violeurs de tout poil. Une très vieille dame découverte chez elle le crâne fracassé ; des femmes qui se plaignent d'être observées chez elles alors qu'elles se déshabillent (je vous rappelle que les maisons britanniques sont dépourvues de cette arme anti-voyeurs si efficace appelée volets) ; des cambriolages. Ces affaires auraient-elles un lien. Ben oui, bien deviné ! Et l'inspecteur Banks, au moins aussi malin que vous, va faire le lien entre tous ces crimes qui dérangent la population bien tranquille de cette petite ville sans intérêt. Et pour qu'il soit encore plus performant, on lui adjoint une bimbo qui exerce bien opportunément la profession de psychologue. Célibataire, pas farouche, elle ne demande qu'à retenir l'attention de l'inspecteur qui se retrouve aux prises avec sa conscience, parce que quand même, il y a une madame Banks qui n'apprécie pas forcément les cours du soir... Non, son truc à elle, c'est la photographie, qu'elle pratique avec des amis qui ont pour passe-temps d'observer leurs semblables, voyez le lien subtil avec l'intrigue principale...

Autant dire que cette enquête absolument pas palpitante et cousue de fil blanc m'intrigue cependant : qu'est-ce que Fashion et Manu (et d'autres, je n'en doute pas) aiment dans cette série ? Je me dis aussi, en lisant leurs récriminations contre l'ordre de publication des enquêtes, que l'éditeur a certainement eu raison de ne pas commencer par traduire ce premier tome : il est tellement quelconque que peu de lecteurs auraient suivi, alors que ferrés comme ils sont avec les tomes suivants, ils peuvent aisément pardonner un premier volume médiocre. Je me trompe ?

Pour tout savoir sur la série et sa publication française qui défie toutes les lois de la chronologie, c'est
ici.

Le voyeur de Yorkshire

Peter Robinson traduit de l'anglais par Jean Esch

ISBN : 978-2-253-11381-2 - 347 pages - 6,50 €

Gallows View, publication en Grande Bretagne : 1987

Par Yspaddaden - Publié dans : A discuter
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